Le Monopoly un jeu anti-capitaliste ?

Publié le : 09/08/2019 - Catégories : Coups de coeur , Nos sélections

Saviez-vous qu'à l'origine le Monopoly était un jeu anti-capitaliste ? D'ailleurs, si l'autrice du Monopoly, Elisabeth Magie, découvrait ce que son jeu est devenu aujourd'hui, elle se retournerait certainement dans sa tombe et demanderait à aller directement en prison. Car son objectif en créant le jeu n'était pas d'éduquer ses enfants en leur apprenant à posséder tous les terrains, bâtir des maisons et des hôtels, pour faire payer ceux qui ont le malheur de tomber chez vous et devenir le plus rire. C'était même tout l'inverse !

En effet, née en 1866, Elizabeth Magie était totalement contre le fonctionnement politique de son époque. Elle prônait d'ailleurs la vision de Henry George, un économiste américain, concernant la définition de la propriété. Elle considérait selon ses dires que "les hommes ont un droit égal à utiliser la terre de la même manière qu'ils ont un droit égal à respirer l'air - c'est un droit proclamé par le simple fait qu'ils existent".

Deux modes de jeu

Selon l'économiste, un mauvais partage des propriétés était forcément source de déséquilibre et de pauvreté, ce qu'il fallait réguler à l'aide de taxes sur les propriétaires, afin de financer des projets ayant pour but d'améliorer la vie commune.

Inspiré par sa vision et avec l'envie de prouver qu'elle était vraie, Elizabath Magie se lance dans la création du jeu de société "Landlord's Game" (le "jeu du propriétaire). Elle fera même déposer un breuvet en 1904. Le jeu se présente sous la forme d'un plateau sur lequel apparaissent des logements et des rues qu'il faut acquérir.

Contrairement au Monopoly, lors de sa création le jeu propose deux modes de jeu. Une première version appelée "Prospérité", qui permettait à tous les autres participants de gagner des points quand un joueur acheter un bâtiment ou une rue. A la fin, tous les joueurs finissaient gagnants.

La seconde règle, "Monopole", correspondait presque exactement aux mêmes que celle du Monopoly actuel. Les participants doivent gagner le plus de terrains possible et facturent tous ceux qui osent s'aventurer sur leurs terres. A la fin, un seul joueur remporte la partie, quand tous les autres sont en banqueroute.

Ces deux règles bien dissociées, avaient pour objectif de permettre au joueur de comprendre l'impact négatif sur les autres du principe de propriété terrienne sans contrepartie. Les riches deviennent de plus en plus riche et les pauvres... de plus en plus pauvres. Elle aurait d'ailleurs dit que son jeu aurait pu aussi s'appeler "le jeu de la vie".

Pour la citer de nouveau, elle affirmait que son jeu "«contient tous les éléments de la réussite et de l’échec dans le monde réel, et le but est celui que semblent avoir les hommes : l’accumulation des richesses.»

Rachat et transformation

Malheureusement, et ironiquement, lorsque la société Parker Brothers achète le brevet du jeu de Magie et le ressort en 1935, la règle de "Prospérité" a disparue, pour ne laisser place qu'à une seule : le "Monopole". Le but devient très simple, acheter le plus de terrains possibles et écraser les autres joueurs.

Un coup dur pour Maggie, qui voulait faire prendre conscience aux gens que la propriété terrienne était quelque chose dont tout le monde avait le droit de jouir.

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