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Origin Story, coup de cœur pour ce jeu de plis et d'engine-building super-héroïque !

On a joué à Origin Story... encore et encore. Depuis son annonce le jeu nous intriguait beaucoup, déjà parce qu'un nouveau Jamey Stegmaier (l'auteur derrière Scythe et Viticulture - ici accompagné de Pete Wissinger) édité dans sa maison Stonemaier Games (donc responsable de la gamme des -span), c'est toujours quelque chose. Ensuite parce qu'un jeu de plis racontant une origin story super-héroïque, ça avait de quoi surprendre, en tant que fans de plis et de jeux qui apportent quelque chose. Et évidemment ma curiosité personnelle était renforcée par ma casquette de chercheur en bande dessinée et particulièrement sur le super-héroïsme.

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Plateau de Origin Story

Le principe en est simple, vous commencez par recevoir un plateau asymétrique représentant votre personnage à ses débuts, et au début de chacune des cinq manches, obtenez une main de 8 cartes, allant de 1 à 13 dans quatre couleurs (y compris l'atout), ce qui implique que toutes les cartes ne sont pas distribuées. Au début des manches 1 à 4, vous prenez un jeton d'énergie et 3 cartes Histoire, dont l'une sera ajoutée à votre plateau. Ces cartes représentent des acolytes, super-pouvoirs, gadgets... qui vont petit à petit définir votre personnage, mais comme votre compétence individuelle, il faudra les charger avec l'énergie. Même si vous avez de plus en plus d'énergie, vous disposez aussi de plus en plus de capacités auxquelles les assigner et devrez donc faire des choix, en essayant de créer d'excitants combos !

C'est alors que vous décidez d'opter pour le super-héroïsme ou la super-vilénie, et donc de gagner 1 point par pli ou 4 points si vous n'en faites aucun. Comme votre personnage se cherche encore, vous pouvez changer à chaque manche, en fonction de vos capacités et de votre main. À la manche 3, vous ferez face à un évènement et à la manche 5, choisissez une des deux cartes reçues au début de la partie pour définir votre identité super-héroïque finale, au comble de votre puissance.

Quelque part, le jeu me fait penser à Miams : sur un système tout à fait classique (le jeu de plis ou le yams), il propose de créer un véritable et puissant moteur qui va en fait radicalement modifier et personnaliser votre manière de jouer - même si bien sûr Origin Story est plus initié, y compris parce qu'il faut avoir à l'esprit les pouvoirs de vos adversaires, de sorte que le découvrir à 3 sera plus facile que de le découvrir à 5.

Allez-vous plutôt la jouer métamorphe avec la capacité de changer la valeur et la couleur de vos cartes ? Créer un moteur pour donner vos plis ou pour les scinder en deux ? Et si vous aimez les risques, que dites-vous de prédire exactement combien de plis vous allez faire, voire de jouer avec votre main visible ? L'avantage de cette idée de charger vos cartes en gérant une réserve très limitée d'énergie est que vous pouvez miser sur une stratégie lors d'un tour (par exemple avec une longe en vert opter pour l'augmentation de 2 de toutes vos cartes vertes, et donc pour le super-héroïsme), et jouer complètement autre chose au tour suivant sans avoir l'impression d'avoir cassé votre moteur et d'être pénalisé (ici par le fait d'avoir soudain une main sans carte verte), étant donné que vous pouvez juste réassigner différemment votre énergie. Une petite idée très fine qui impose des choix tout en permettant une liberté - et qui empêche de juste cumuler de plus en plus de pouvoirs au risque d'une relative illisibilité en fin de partie : la construction-même de votre personnage est un enjeu tactique.

Avec 5 plateaux, 64 cartes Histoire et 10 cartes avec une identité super-héroïque, vous aurez de quoi essayer bien des stratégies et vous amuser follement... sans vraie sensation de chaos, étonnamment, alors que toutes ces potentialités combinatoires et l'interaction impliquée par le jeu de plis, jusqu'à la taquinerie (on s'arrange évidemment pour donner des plis aux personnes ayant choisi la super-vilénie par exemple) auraient pu persuader du contraire.

Loin du jeu d'ambiance, Origin Story est un jeu initié réellement thématique, dont on ressort en contemplant le personnage que l'on a créé, dont on a développé en cinq étapes toute l'histoire de la découverte de ses pouvoirs et de sa vocation, et où l'on apprend à surveiller de près le jeu des autres, leurs pouvoirs et leurs points, dans un bel équilibre entre amusement gratifiant et calculs.

Et on aime beaucoup les illustrations de Clémentine Campardou, le parti-pris audacieux de cette esthétique à l'aquarelle mêlé à des graphismes notamment typographiques bien plus marqués comics, même si la jolie couverture ne dit pas grand chose du jeu et risquerait de ne pas retenir votre attention.

C'est justement le but de cette mise en avant, donner de la lumière à ce qu'on perçoit comme l'un des titres importants du début d'année prochaine (sa sortie est annoncée au 30 janvier), à côté de laquelle on vous recommande de ne pas passer. Après tout, est-ce que vous savez combien de membres de l'équipe, sur les 7 l'ayant testé, l'ont non seulement aimé mais en ont fait un coup de cœur ? 7 ! Une unanimité trop rare pour ne pas la partager, que je ne suis pas sûr d'avoir vue depuis Fromage.

La preuve, Enrique a aussi voulu vous partager notre enthousiasme, en vidéo cette fois (d'ailleurs abonnez-vous, la cloche, toussa toussa !) :

À propos de l'auteur

Siegfried Würtz

Après une dizaine d'années dans le monde du jeu comme influenceur, pigiste, relecteur, éditeur... le responsable éditorial de Ludum continue de mettre à profit son habitude de la veille ludique, son amour de l'analyse et sa passion du jeu et du partage pour nourrir le blog, la revue ou encore les scripts des vidéos !