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Test & Avis : FlipToons - 150 parties en un mois de ce Toy Battle mâtiné de Château Combo !

Depuis sa sortie sur la plateforme BoardGameArena, qui permet de pratiquer des centaines de jeux de société en ligne grâce à des portages souvent remarquables, soit depuis moins d'un mois, j'ai joué plus de 150 fois à FlipToons. Une telle frénésie ne s'était pas produite depuis la sortie de Toy Battle, et compte tenu du succès de Toy Battle, il m'a semble que cette capacité à susciter une telle envie de rejouer méritait de partager mon avis et mon enthousiasme.

Cartographie d'un tableau-building-building

FlipToons, c'est l'auteur du formidable Cartographers Jordy Adan, associé à Renato Simões, qui propose un tableau-building...building (non, ce n'est pas une coquille). Et ça dans un univers référençant assurément les dessins animés des années 30 et 40 surtout, évidemment remis à la mode par Cuphead, mais principalement le chef-d'œuvre de Zemeckis qu'est Qui veut la peau de Roger Rabbit - après tout, les personnes animés y étaient aussi appelés des Toons, et on les voyait surtout à Hollywood passer des castings et jouer dans des dessins animés, avouez que c'est flagrant.

Dans FlipToons, vous disposez initialement d'une pioche identique de 6 cartes, que vous dévoilez aléatoirement pour en faire un tableau de 3 cartes par 2. Ces cartes ont des valeurs vous permettant à tour de rôle soit d'acheter une carte de la rivière (qui coûtent toujours respectivement 3-4-7-10 et 15, et sont disposées selon une valeur traduisant leur puissance) soit de défausser une carte de votre tableau (pour un coût de 5).

Puis on refournit le marché (dont on défausse aussi à la fin de chaque manche la carte la moins chère et la plus chère), et on mélange notre tableau avec notre pioche avant de dévoiler à nouveau 6 cartes. Et on procède ainsi jusqu'à ce que quelqu'un atteigne 30 points avec son tableau, on finit alors la manche en cours et on dévoile le tableau final qui représentera notre score. Ce qui signifie bien sûr que même avec le bonus octroyé à la personne ayant la première atteinte 30 points, le tableau final pourrait en représenter bien moins si on avait trop de mauvaises cartes encore dans la pioche...

Vous comprenez mieux cette notion de tableau-building-building : vous construisez autant votre tableau que vous construisez votre tableau-building, en équilibrant sans cesse nouveaux achats et destructions, très faciles, mais dans l'emballement de la course, la tentation de plusieurs achats pourrait vous faire oublier de nettoyer votre deck...

Même si dans l'idéal, vous tenterez évidemment de bâtir une pioche pouvant être révélée entièrement à chaque manche, avec des cartes dépendant aussi peu que possible de leur position pour éviter les mauvaises surprises et limiter le hasard...

Un tableau final de FlipToons

Et c'est une des forces du jeu que cette impossibilité à contrôler absolument tout ce que l'on fait, et en même temps cette possibilité de pousser le contrôle assez loin, pour récompenser tout de même les personnes qui jouent bien, avec une vraie possibilité de se perfectionner, sans leur retirer la pression d'un mauvais tirage ou d'une mauvaise rivière poussant à jouer différemment de d'habitude...

Comme dans Toy Battle en fait. De même que, comme dans Toy Battle, les cartes sont si bien pensées que vous aurez vos préférences parmi des cartes de début de partie et des cartes de fin de partie, mais aucune carte n'est tout à fait mauvaise (en dehors des chenilles de votre tableau de départ bien sûr), et même celles avec lesquelles j'évite absolument de jouer peuvent s'avérer très utiles au bon moment, de même qu'une carte souvent parfaite pourra en fait s'avérer inadaptée à mon tableau. Et avec le même dynamisme que Toy Battle, le même aperçu immédiat d'une partie qui permet d'avoir plusieurs parties en tour par tour simultanément et de naviguer entre les tables sans craindre d'oublier sa stratégie, pour des parties qui sur BGA ne durent pas plus de 10 minutes - et qui en dureront sans doute presque le double en physique avec les petites manipulations, ce qui reste très dynamique (comme Toy Battle, vous avez compris).

La version française a été officialisée par Sylex, vers la fin août, beau décrochage de localisation compte tenu de la petite hype qui commence à monter autour d'un jeu au format parfait, le genre de boîte à 15-20 euros et de mécanique qui a fait le triomphe d'un Château Combo ou d'un Faraway - je ne suis pas du tout surpris de découvrir que Simon du Passe-temps en a été enthousiasmé aussi par exemple, a fortiori avec une DA qui peut rappeler son Camarades. On vous tiendra au courant sans faute dès qu'on en sait davantage !

[article mis à jour le 3 juillet 2026]

À propos de l'auteur

Siegfried Würtz

Après une dizaine d'années dans le monde du jeu comme influenceur, pigiste, relecteur, éditeur... le responsable éditorial de Ludum continue de mettre à profit son habitude de la veille ludique, son amour de l'analyse et sa passion du jeu et du partage pour nourrir le blog, la revue ou encore les scripts des vidéos !