Série Iznogoud

Iznogoud, c’est la BD culte où le méchant est le héros… et où il rate absolument tout.

Désolé, mais nous n'avons rien qui correspond à votre recherche...

On réessaye ?

Plus d'infos sur Série Iznogoud : Iznogoud : devenir calife, oui… mais sans jamais y arriver

Iznogoud, c’est l’une des grandes pépites de la BD d’humour franco-belge, une série où le héros est tout sauf héroïque. Grand vizir de Bagdad, Iznogoud ne rêve ni de paix, ni de sagesse, ni de prospérité pour le royaume : il veut simplement devenir calife à la place du calife. Face à lui, le bon Haroun El Poussah, calife tranquille, naïf et parfaitement satisfait de son sort, ne se doute presque jamais que son fidèle vizir passe ses journées à vouloir le faire disparaître. Et c’est justement ce décalage qui fait tout le sel de la série : plus Iznogoud complote, plus le calife reste paisiblement hors d’atteinte.

Chaque histoire repose sur une mécanique comique redoutable. Iznogoud découvre une potion, rencontre un magicien, achète un objet miraculeux, prépare un piège ou trouve un plan qui, sur le papier, devrait enfin lui permettre de prendre le pouvoir. Mais évidemment, rien ne se passe jamais comme prévu. Le génie de la série, c’est de transformer chaque tentative de coup d’État en catastrophe personnelle : Iznogoud finit prisonnier de son propre stratagème, victime d’un malentendu, envoyé à l’autre bout du monde ou ridiculisé devant ceux qu’il voulait manipuler. Son ambition est immense, son énergie inépuisable, mais sa réussite, elle, reste désespérément hors de portée.

À ses côtés, Dilat Laraht, son fidèle homme de main, joue le rôle du serviteur dépassé, obligé de suivre son maître dans toutes ses idées absurdes. Il subit les colères d’Iznogoud, ses plans impossibles et ses échecs à répétition avec une résignation qui ajoute beaucoup au comique de la série. L’univers oriental de pacotille, avec palais, souks, tapis volants, fakirs, génies, marchands douteux et personnages aux noms pleins de jeux de mots, sert de décor à une avalanche de gags. Tout est prétexte à la parodie, au calembour et à la chute bien sèche.

Ce qui rend Iznogoud aussi culte, c’est son humour très direct, mais aussi sa mécanique parfaitement reconnaissable. On sait qu’Iznogoud va échouer, on sait qu’il va s’énerver, on sait que son plan va se retourner contre lui… et pourtant, on se régale à chaque fois de découvrir comment. La série joue avec la frustration permanente de son personnage principal, ce petit tyran colérique, lâche, rusé et incroyablement obstiné, qui finit presque par devenir attachant à force de rater tout ce qu’il entreprend. C’est méchant, mais jamais vraiment cruel ; absurde, mais toujours lisible ; répétitif dans le meilleur sens du terme, comme une bonne formule comique que l’on retrouve avec plaisir.

Pour les amateurs de BD classique, de BD humoristique et de grands personnages de la bande dessinée franco-belge, Iznogoud reste une valeur sûre. C’est une série parfaite à picorer, avec des histoires courtes, des gags rapides, des répliques cultes et un personnage principal immédiatement identifiable. Entre satire du pouvoir, comédie de caractère et pur plaisir du gag, Iznogoud a gardé toute son efficacité : un concentré de mauvaise foi, de complots ratés et d’ambition ridicule, porté par une idée simple mais brillante. Il voulait devenir calife à la place du calife ; il est surtout devenu l’un des plus grands losers magnifiques de la BD.