Série Largo Winch

Largo Winch, c’est le milliardaire le plus cool de la BD franco-belge : héritier malgré lui d’un empire financier colossal, aventurier dans l’âme, allergique aux costumes trop serrés et aux réunions qui sentent la moquette de conseil d’administration.

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Plus d'infos sur Série Largo Winch : Largo Winch — Le milliardaire en jean qui attire les ennuis comme un aimant

Largo Winch, c’est le parfait cocktail entre BD d’aventure grand spectacle, thriller financier et fantasme de liberté absolue. À la base, Largo n’a rien demandé : orphelin adopté en secret par Nerio Winch, patron d’un immense empire économique, il se retrouve propulsé à la tête du Groupe W après la mort de ce dernier. Sauf qu’hériter de milliards, chez Largo, ce n’est pas vraiment recevoir les clés d’une villa avec piscine : c’est plutôt ouvrir la porte à des banquiers carnassiers, des complots industriels, des trahisons bien habillées et des tueurs qui savent très bien faire passer un accident pour une simple mauvaise journée.

Les premiers albums posent immédiatement le ton. Dans L’Héritier, Largo est injustement emprisonné à Istanbul avant de s’évader avec Simon Ovronnaz, personnage qui deviendra l’un de ses grands compagnons de route. Dupuis résume d’ailleurs ce tome comme une plongée dans une prison turque particulièrement violente, d’où Largo parvient à s’échapper avec ce fameux Simon, voleur suisse sympathique et increvable. Dans Le Groupe W, changement de décor : fini les barreaux, bonjour la haute finance, les conseils d’administration et les requins en costume qui guettent le moindre faux pas du nouvel héritier.

Ce qui rend la série aussi efficace, c’est son principe de diptyques : très souvent, une histoire se déploie sur deux albums, avec une première partie qui installe le piège et une seconde qui fait exploser la mécanique. O.P.A. et Business Blues en sont un très bon exemple : on y parle d’attaque boursière, de guerre secrète entre groupes financiers, d’héritage fiscal gigantesque et de magouilles à grande échelle. Dupuis présente O.P.A. comme une bataille dans les coulisses du pouvoir économique, avec le Groupe W attaqué par la FENICO via une offre publique d’achat, tandis que Business Blues poursuit les ennuis de Largo avec une addition fiscale américaine absolument délirante.

Mais Largo Winch, ce n’est pas seulement “Succession” avec des cascades. C’est aussi une série d’action ultra dépaysante, où l’on passe des tours de verre américaines aux jungles asiatiques, des ports louches aux paradis fiscaux, des yachts de luxe aux cellules sordides. Largo est un héros de contrastes : milliardaire, oui, mais allergique aux salons feutrés ; patron d’empire, mais toujours prêt à régler les problèmes lui-même ; séducteur, bagarreur, loyal, imprudent, parfois arrogant, mais profondément attaché à ceux qui l’entourent. C’est ce côté “milliardaire en blue jeans” qui donne à la série son charme immédiat.

Côté création, la série est indissociable du duo Jean Van Hamme au scénario et Philippe Francq au dessin pour les 20 premiers tomes, une période réunie par Dupuis dans un coffret intégral. Le dessin précis et élégant de Francq colle parfaitement à l’ambiance : costumes impeccables, décors internationaux, voitures, buildings, scènes d’action lisibles et glamour très années thriller. Dupuis décrit même Largo Winch comme un cycle de thrillers modernes, souvent exotiques, liés à la haute finance, devenu l’un des grands best-sellers de la BD.

Bref, Largo Winch, c’est la série idéale pour celles et ceux qui veulent de l’aventure adulte, du suspense économique, des complots à tiroirs et un héros qui a tout pour être insupportable mais qu’on adore suivre. C’est classe, nerveux, malin, spectaculaire, avec ce petit plaisir coupable de voir un milliardaire préférer l’amitié, la baston et la liberté aux petits fours des conseils d’administration. Une BD parfaite pour voyager, trembler, spéculer, soupçonner tout le monde… et se rappeler qu’un costume-cravate peut parfois être plus dangereux qu’un pistolet.