Série Traquemage

Traquemage est une « rural fantasy » burlesque où Pistolin, producteur de pécadou, part régler ses comptes avec les mages dont les guerres ont ravagé son troupeau de cornebiques. Wilfrid Lupano et Relom détournent la quête héroïque en road-movie paysan, absurde et très attaché à ses bêtes.

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En savoir plus sur la série Traquemage

Wilfrid Lupano écrit la série et Relom la dessine pour Delcourt. Le cycle complet tient en trois albums aux titres programmatiques : Le Serment des Pécadous, Le Chant vaseux de la sirène et Entre l'espoir et le fromage.

Pistolin n’est ni chevalier ni sorcier : c’est un producteur de fromage dont le quotidien est détruit par les affrontements de mages. Sa vengeance le met sur la route avec ses cornebiques, notamment Myrtille et Pompette, et transforme les clichés de fantasy en problèmes agricoles très concrets.

La série parodie les grands récits de quête, leurs armes légendaires, leurs enchanteurs et leurs créatures, mais garde une vraie logique d’aventure. Le rire vient du télescopage entre vocabulaire épique et préoccupations de berger.

Relom accentue ce mélange avec un dessin expressif, volontiers grotesque, parfaitement adapté aux monstres, aux trognes et aux catastrophes du scénario. Les trois tomes gagnent à être lus dans l’ordre.

Guide & FAQ de la série Traquemage

Pourquoi Pistolin devient-il un « traquemage » ?

Pistolin élève des cornebiques et fabrique du pécadou. Quand les guerres de mages ravagent son troupeau et rendent son activité impossible, il décide de s’en prendre directement à ceux qu’il considère responsables de son malheur.

Son moteur est donc beaucoup plus terre-à-terre que celui d’un héros de fantasy classique. Il ne part pas sauver un royaume : il veut pouvoir reprendre son métier, protéger ses bêtes et retrouver une vie que la magie des puissants a détruite.

Qu’est-ce qu’une cornebique dans l’univers de la série ?

Les cornebiques sont les animaux élevés par Pistolin et la matière première de son quotidien de fromager. Elles donnent immédiatement à la série une identité rurale, très éloignée des chevaux nobles et dragons majestueux de la fantasy traditionnelle.

Myrtille et Pompette prennent en outre une vraie place dans l’aventure. Leur présence oblige le héros à penser comme éleveur même au milieu des périls, ce qui produit une grande partie des décalages comiques.

Pourquoi le pécadou est-il si important ?

Le pécadou est le fromage fabriqué par Pistolin, et son nom résume l’esprit de la série : une invention à la fois rustique, odorante et suffisamment sérieuse pour devenir un véritable enjeu de survie professionnelle.

Lupano transforme ainsi l’économie d’un petit producteur en moteur de quête. Là où d’autres héros protègent des artefacts sacrés, Pistolin veut surtout préserver son savoir-faire et les conditions nécessaires à sa production.

Que signifie l’expression « rural fantasy » appliquée à Traquemage ?

Elle décrit une fantasy vue depuis les champs, les troupeaux et les métiers modestes plutôt que depuis les châteaux. Les guerres magiques sont observées par ceux qui en subissent les dégâts collatéraux sans avoir demandé à participer à l’épopée.

Cette perspective permet de parodier le genre tout en posant une vraie question : que deviennent les gens ordinaires quand des puissants règlent leurs conflits au-dessus de leur tête ? Le fromage et les cornebiques donnent une réponse très concrète.

Qui sont Myrtille et Pompette dans l’aventure ?

Myrtille et Pompette font partie des cornebiques qui accompagnent Pistolin. Elles ne sont pas de simples accessoires graphiques : leur survie et leur présence rappellent constamment l’origine paysanne de sa mission.

Elles participent aussi à la tonalité affective de la série. Pistolin peut se montrer ridicule ou excessif, mais son attachement à ses bêtes rend sa colère compréhensible et empêche la parodie de tourner au cynisme.

Pourquoi les mages sont-ils vus différemment que dans une fantasy classique ?

Ici, leurs grands affrontements ont des conséquences désastreuses pour les habitants et les troupeaux. La puissance magique, souvent présentée comme fascinante dans le genre, devient une nuisance produite par des élites qui ne paient pas toujours le prix de leurs batailles.

Pistolin les regarde donc avec la colère d’un professionnel dont l’outil de travail a été détruit. Cette inversion suffit à rendre comiques beaucoup de clichés : le sort spectaculaire d’un mage peut être, pour un paysan, un simple désastre économique.

Quelle est la fonction de l’épée légendaire du Traquemage ?

La quête d’une arme mythique renvoie directement aux grands récits héroïques. Mais Pistolin ne correspond pas au profil du chevalier prédestiné, et la série traite cette étape avec le même mélange de sérieux aventureux et de dérision.

L’arme sert donc à la fois l’action et la parodie. Elle montre comment un homme du terroir peut être aspiré dans les mécanismes de la légende sans jamais cesser de raisonner selon ses priorités très concrètes.

Pourquoi les sirènes ne sont-elles pas utilisées de façon traditionnelle ?

Le deuxième tome détourne leur image romantique en les plaçant dans un univers boueux, rude et décalé. Leur rôle s’inscrit dans la quête de Pistolin mais sans effacer l’humour corporel et les situations volontairement peu élégantes.

Ce traitement correspond à toute la série : les figures nobles de la fantasy sont ramenées vers la matière, les odeurs et les besoins du quotidien. Le merveilleux existe, mais il ne reste jamais propre très longtemps.

Qui est Merdin l’Enchianteur et que dit son nom du ton général ?

Merdin l’Enchianteur est un détournement évident de l’archétype de Merlin. Son nom annonce une fantasy qui connaît très bien ses classiques mais refuse de les traiter avec révérence.

Le procédé ne se limite pas à un calembour. Les personnages et situations réécrivent constamment les figures du genre en fonction d’un univers plus trivial, où les grands mots héroïques côtoient l’agriculture et la débrouille.

Les jeux de mots dans les titres sont-ils représentatifs de la série ?

Oui. Le Serment des Pécadous, Le Chant vaseux de la sirène et Entre l'espoir et le fromage annoncent le goût du récit pour les détournements de titres nobles ou lyriques.

Cette fantaisie verbale accompagne un humour très visuel. Les mots donnent une première couche de parodie, puis Relom la prolonge par les expressions, les créatures et la matérialité volontairement peu glamour du monde.

Traquemage est-elle seulement une parodie de fantasy ?

Non. La série possède une vraie progression d’aventure, des rencontres, des dangers et un objectif qui évolue. On peut suivre Pistolin pour savoir comment sa vendetta va se transformer, pas seulement pour attendre le prochain gag.

La parodie fonctionne d’autant mieux que les personnages ont des motivations sincères. Pistolin tient à son troupeau et à son métier, ce qui donne un fond émotionnel solide derrière les noms absurdes et les situations grotesques.

Quel est le bon ordre de lecture ?

Il faut commencer par Le Serment des Pécadous, poursuivre avec Le Chant vaseux de la sirène et terminer par Entre l'espoir et le fromage. Les trois volumes racontent une seule trajectoire.

Chaque tome développe une étape et de nouvelles rencontres, mais les conséquences s’enchaînent. Entrer au deuxième volume ferait perdre la raison de la colère de Pistolin et une partie de l’attachement aux cornebiques.

La série est-elle terminée ?

Oui, le cycle publié est complet en trois tomes. Sa longueur convient bien à une comédie d’aventure qui veut pousser son idée jusqu’au bout sans étirer artificiellement la quête.

Pour un acheteur, cela signifie qu’il est possible de prendre les trois albums comme un ensemble fermé. Une intégrale peut également exister selon les éditions disponibles, à vérifier au moment de l’achat.

Que change le dessin de Relom ?

Relom possède un trait très expressif, à l’aise avec les trognes, les corps malmenés et les créatures étranges. Cette exagération graphique donne au monde une saveur immédiatement comique sans le rendre illisible.

Son dessin est surtout essentiel pour le rythme. Une réplique de Lupano prend souvent toute sa force grâce à une posture, une réaction animale ou un détail grotesque placé dans l’image.

Pourquoi Pistolin reste-t-il attachant malgré son obsession vengeresse ?

Sa colère vient d’une perte très compréhensible : son troupeau et son activité ont été sacrifiés à des conflits de puissants. Même quand ses plans deviennent excessifs, le lecteur sait qu’il cherche d’abord à reprendre le contrôle de sa vie.

Son affection pour ses bêtes l’humanise encore davantage. Il n’est pas un héros abstrait qui défend « le Bien », mais quelqu’un qui s’accroche à des responsabilités concrètes et à un petit monde qu’il connaît.

La série critique-t-elle les puissants derrière l’humour ?

Oui, mais sans quitter le registre de la farce. Les mages peuvent être lus comme des puissants qui déclenchent des conflits spectaculaires dont les conséquences sont supportées par des gens ordinaires.

Le choix d’un fromager comme héros rend cette critique particulièrement claire. Le récit demande, sur le mode comique, ce que deviennent les producteurs et les villages quand les grands acteurs de l’histoire se comportent comme s’ils étaient seuls au monde.

À quel public conseiller Traquemage ?

Aux adolescents mûrs et aux adultes qui aiment la fantasy mais savent rire de ses codes. L’humour est souvent grotesque, verbal et parfois très terre-à-terre, ce qui la distingue d’une série jeunesse de chevalerie.

Elle fonctionne particulièrement bien pour les lecteurs familiers de Tolkien, des quêtes magiques ou des archétypes de sorciers. Plus on reconnaît les conventions détournées, plus les écarts inventés par Lupano et Relom sont savoureux.

Peut-on apprécier la série sans être spécialiste de fantasy ?

Oui, car les archétypes utilisés sont largement connus : mages, sirènes, épées légendaires, prophéties et quêtes. Il n’est pas nécessaire de connaître des œuvres précises pour comprendre le renversement comique.

Un lecteur habitué au genre repérera simplement davantage de clins d’œil. Mais la motivation de Pistolin et la dynamique de road-movie sont assez claires pour porter l’histoire à elles seules.

Pourquoi la nourriture et les odeurs comptent-elles autant dans l’identité de la série ?

Parce qu’elles ramènent constamment le merveilleux vers le corps et le quotidien. Le fromage, le troupeau, la boue et les odeurs empêchent l’univers de se transformer en fantasy éthérée ou décorative.

Cette matérialité est aussi très graphique. Relom peut faire sentir visuellement le poids, la saleté ou l’inconfort, tandis que Lupano joue avec un vocabulaire culinaire qui remplace les grandes formules héroïques.

Qu’est-ce qui rend Traquemage unique dans la bibliographie de Lupano ?

La série concentre son goût pour les petites gens, les dialogues et la satire dans une fantasy volontairement rurale. Là où d’autres récits de Lupano partent d’un contexte historique ou social réaliste, celui-ci utilise les codes du merveilleux pour parler de la même asymétrie entre puissants et ordinaires.

La collaboration avec Relom pousse en plus très loin le grotesque visuel. Le résultat est une œuvre où la critique sociale passe par un fromage imaginaire, des chèvres improbables et un héros qui préférerait simplement qu’on le laisse travailler.