Série Bastien Vivès

Bastien Vivès est aussi le titre d’une série de recueils humoristiques publiés chez Delcourt : l’auteur y dissèque successivement le jeu vidéo, la famille, l’amour, la blogosphère, la guerre, la bande dessinée et le football. En noir et blanc, avec un trait volontairement rapide, chaque volume transforme un milieu ou une passion en laboratoire de gags souvent irrévérencieux.

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En savoir plus sur la série Bastien Vivès

Cette série paraît dans la collection Shampooing de Delcourt, dirigée par Lewis Trondheim. Elle compte sept recueils publiés entre 2012 et 2019, chacun portant comme titre le thème qu’il attaque.

Les premiers volumes sont Le Jeu vidéo, La Famille, L'Amour et La Blogosphère, suivis de La Guerre, La Bande Dessinée puis Le Football. Les albums fonctionnent surtout par strips, situations courtes et variations autour d’un même sujet.

Une partie du matériau vient de la pratique du blog de Vivès, notamment son site Comme quoi, et de son goût pour le dessin spontané. Les références à Capcom, Sega ou à la culture geek peuvent côtoyer une satire des auteurs de BD, des supporters ou des relations familiales.

Il ne faut pas confondre cette série humoristique avec l’ensemble de la bibliographie de Bastien Vivès. Polina, Le Goût du chlore ou Lastman sont d’autres œuvres, avec des formats et des ambitions narratives distincts.

Guide & FAQ de la série Bastien Vivès

Pourquoi une série porte-t-elle simplement le nom de son auteur ?

Le titre fonctionne comme une signature de collection : chaque volume présente le regard de Bastien Vivès sur un sujet plutôt qu’un héros ou un univers récurrent. L’unité vient donc de la voix comique et du dessin.

Cette formule permet aussi de passer librement du jeu vidéo à la famille ou au football. Le lecteur achète moins une continuité qu’une nouvelle série d’observations par le même auteur.

Que trouve-t-on dans Le Jeu vidéo ?

Vivès y croque les joueurs, les souvenirs de consoles, les compétitions, la nostalgie et les contradictions de la culture gamer. Les références vont notamment vers Sega, Capcom, SNK et les jeux de combat.

L’auteur revendique avoir grandi avec cette culture sans se présenter comme un expert absolu. Ce regard mi-intérieur, mi-moqueur évite le manuel pour spécialistes.

Pourquoi Street Fighter revient-il naturellement dans cet humour ?

Les jeux de combat concentrent pose, compétition, frustration et personnages immédiatement reconnaissables. Ils offrent donc une matière idéale à des strips courts qui exagèrent le comportement des joueurs.

L’influence graphique de Capcom et SNK appartient aussi à la formation visuelle de Vivès. Le gag peut ainsi être à la fois une moquerie et un hommage.

Comment La Famille renouvelle-t-il la formule ?

Le terrain de jeu change : au lieu d’une sous-culture spécifique, Vivès observe parents, enfants, frères, sœurs et habitudes domestiques. Le lecteur a moins besoin de références précises pour entrer dans les scènes.

Le même procédé demeure : prendre une interaction minuscule et la pousser jusqu’à l’absurde. La familiarité du sujet rend parfois les gags encore plus gênants parce qu’ils ressemblent à des conversations vécues.

Quel ton adopte L'Amour ?

Le volume préfère l’ironie aux déclarations romantiques. Désir, séduction, couple et incompréhension deviennent des mécanismes comiques où la mauvaise foi compte souvent autant que les sentiments.

L’humour peut être cru et volontairement peu politiquement correct. Il faut donc l’aborder comme une caricature de comportements, pas comme un guide sentimental.

Pourquoi La Blogosphère est-il très marqué par son époque ?

Au début des années 2010, les blogs d’auteurs et la mise en scène de soi en ligne occupent une place centrale dans la BD et la culture web. Vivès connaît ce milieu de l’intérieur.

Le volume devient aujourd’hui un instantané d’une sociabilité numérique qui a depuis migré vers d’autres plateformes. Les mécanismes de visibilité et d’ego restent néanmoins très actuels.

Comment La Guerre peut-elle appartenir à une série humoristique ?

Vivès utilise le thème moins pour documenter des conflits réels que pour détourner les postures héroïques, les ordres absurdes et les conventions des récits de guerre.

Ce choix montre la liberté de la collection : un sujet grave peut devenir matière à satire, à condition de comprendre que l’auteur vise les représentations et comportements plus que l’expérience historique elle-même.

Pourquoi La Bande Dessinée est-il particulièrement méta ?

L’auteur se retourne vers son propre milieu : dessinateurs, lecteurs, éditeurs, festivals et mythes professionnels deviennent des objets de gag.

Le volume parle donc davantage aux lecteurs familiers du monde de la BD, mais il reste lisible grâce aux situations de travail, d’ego et de reconnaissance que l’on peut transposer ailleurs.

Que change Le Football, paru plusieurs années après les premiers volumes ?

Il reprend le principe thématique avec un sport capable de générer tribus, passion, mauvaise foi et codes très identifiables. Vivès peut ainsi observer autant les joueurs que les supporters et les discours autour du ballon.

La distance temporelle ne transforme pas le format en récit long. Le Football reste un recueil de situations courtes fidèle à l’esprit de la série.

Pourquoi le dessin est-il volontairement plus schématique que dans Polina ?

Les strips ont besoin de vitesse et d’expression immédiate. Quelques lignes suffisent pour installer un corps, une posture et une chute, sans le travail de mise en scène d’un roman graphique.

Ce dépouillement est donc un choix de langage, pas une version inachevée de ses albums plus ambitieux. Il rapproche la série du carnet et du dessin de blog.

Quel rôle joue le blog Comme quoi ?

Vivès y publie des dessins et des observations qui nourrissent cette veine humoristique. Le blog sert de laboratoire où une idée peut exister en quelques cases avant d’être reprise ou prolongée en album.

La série conserve cette sensation de spontanéité. On passe rapidement d’une anecdote à l’autre, comme dans une suite de notes dessinées.

Les sept volumes doivent-ils être lus dans l’ordre ?

Non. Chaque album possède un thème autonome et ne poursuit pas une histoire commencée dans le précédent. On peut donc choisir d’abord le sujet qui attire le plus.

L’ordre de publication n’apporte qu’une lecture de l’évolution du trait et des obsessions de l’auteur. Il n’existe pas de chronologie fictionnelle à respecter.

Quel volume choisir pour un amateur de jeux vidéo ?

Le Jeu vidéo est naturellement le meilleur point d’entrée, surtout pour un lecteur ayant connu les consoles Sega, les jeux de combat ou les débats entre joueurs occasionnels et passionnés.

Il faut toutefois aimer l’autodérision. Le livre se moque autant des gamers que des clichés portés sur eux.

Quel volume parlera le plus à un lecteur de BD ?

La Bande Dessinée est le plus directement tourné vers le milieu des auteurs, des albums et de la reconnaissance professionnelle. Certaines blagues gagnent à connaître festivals et habitudes éditoriales.

Pour un lecteur moins initié, La Famille ou L'Amour offrent des situations plus universelles et constituent souvent une entrée plus immédiate.

Pourquoi l’humour est-il parfois provocateur ?

Vivès pousse volontiers un comportement jusqu’à une conclusion gênante, sexuelle, égoïste ou socialement incorrecte. Le rire naît souvent de la rupture avec ce que les personnages devraient normalement dire.

Cette veine ne conviendra pas à tout le monde. Un acheteur cherchant un humour familial très consensuel doit s’attendre à un ton plus cru et irrévérencieux.

La série est-elle adaptée à de jeunes enfants ?

Non, malgré le dessin simple. Plusieurs volumes contiennent humour adulte, sexualité, langage cru ou sujets traités avec une ironie qui suppose un certain recul.

Elle s’adresse plutôt aux adolescents mûrs et aux adultes. Le style graphique léger ne doit pas être confondu avec une destination jeunesse.

Combien de volumes composent cet ensemble thématique ?

Sept albums portent le nom de cette série : Le Jeu vidéo, La Famille, L'Amour, La Blogosphère, La Guerre, La Bande Dessinée et Le Football.

Cette liste est utile en librairie car le nom « Bastien Vivès » peut sinon renvoyer à n’importe quel livre de l’auteur. Ici, il s’agit bien des recueils Delcourt de la collection Shampooing.

Quelle place Lewis Trondheim occupe-t-il dans l’existence de la série ?

Les albums paraissent dans Shampooing, collection Delcourt dirigée par Trondheim et connue pour accueillir des formes personnelles, humoristiques et parfois expérimentales.

Ce cadre éditorial convient à des recueils de strips plus libres que les romans graphiques habituels de Vivès. La collection aide à comprendre leur format volontairement léger.

Pourquoi cette série intéresse-t-elle un lecteur qui connaît déjà les romans graphiques de Vivès ?

Elle révèle une facette beaucoup plus rapide, caricaturale et bavarde de son travail. Le rapport au corps et au geste est toujours là, mais utilisé pour la chute comique.

Comparer les deux approches montre sa capacité à changer de registre. Le même auteur peut dessiner un silence sentimental sur plusieurs pages ou un gag brutal en quelques cases.

Qu’est-ce qui unit réellement des thèmes aussi différents ?

Vivès s’intéresse moins aux sujets qu’aux comportements qu’ils produisent : besoin d’appartenir à un groupe, rivalité, désir de paraître compétent et mauvaise foi.

Cette observation sociale crée la continuité de la série. Jeu vidéo, famille ou football deviennent des prétextes différents pour regarder les mêmes travers humains.