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On réessaye ?
Midnight Tales est une anthologie fantastique créée et coordonnée par Mathieu Bablet où des sorcières de toutes les époques rejoignent l’Ordre de Minuit pour combattre entités, démons et malédictions. Les quatre volumes du Label 619 mélangent histoires courtes, nouvelles et dossiers afin de bâtir une même mythologie de sororité sans imposer un héros unique.
On réessaye ?
Mathieu Bablet imagine le projet après Shangri-La comme un terrain collectif pour les auteurs du Label 619. Guillaume Singelin, Florent Maudoux, Neyef, Sourya, Gax, Elsa Bordier et de nombreux autres créateurs participent aux récits et aux images.
L’Ordre de Minuit relie l’ensemble : une organisation de sorcières chargée de protéger l’humanité des forces occultes. Les histoires peuvent se dérouler à des périodes et dans des régions très différentes, mais elles partagent cette mythologie, ses sacrifices et la difficulté de mener une existence normale.
Le format s’inspire autant des anthologies horrifiques que des séries de sorcières et des magical girls. Lovecraft, Mary Shelley, Bram Stoker, Buffy, Charmed ou Sailor Moon font partie des références revendiquées autour d’un univers qui préfère les héroïnes aux chasseurs de monstres traditionnels.
Une intégrale publiée par Ankama rassemble les quatre volumes de la série en un seul ouvrage. Elle constitue l’option la plus simple pour lire l’ensemble, tandis que les albums séparés permettent de profiter du rythme original de l’anthologie.
C’est l’organisation secrète qui relie les différentes histoires. Ses membres sont des sorcières chargées d’affronter démons, malédictions, créatures et phénomènes que le monde ordinaire ne sait pas gérer.
L’Ordre donne une cohérence à l’anthologie sans obliger toutes les héroïnes à se rencontrer. Une histoire peut se dérouler ailleurs ou à une autre époque tout en appartenant au même réseau de gardiennes.
Le projet veut montrer plusieurs sorcières, cultures, époques et manières de vivre la magie. Une seule protagoniste aurait limité cette diversité et rapproché la série d’un récit feuilletonnant classique.
L’anthologie permet aussi à chaque auteur de proposer son style. Le lecteur reconnaît l’univers commun tout en découvrant une nouvelle voix graphique presque à chaque récit.
Il crée et coordonne l’univers, participe lui-même à des histoires et sert de garant de la mythologie commune. Son travail consiste autant à écrire qu’à permettre à d’autres auteurs d’habiter le même cadre.
Cette direction évite l’impression d’un simple recueil disparate. Même lorsqu’un dessinateur possède une identité très forte, l’histoire doit rester compatible avec l’Ordre de Minuit.
Doggybags avait déjà montré que le label pouvait fonctionner comme laboratoire collectif de récits courts. Midnight Tales reprend cette énergie mais la concentre autour de la sorcellerie et d’une mythologie partagée.
Le projet sert aussi à faire circuler des artistes habitués à des univers très différents. Les lecteurs du label peuvent reconnaître Singelin, Maudoux, Neyef ou Bablet sous un autre angle.
L’influence se retrouve dans les entités occultes, la peur de forces trop anciennes et les connaissances dangereuses. Certaines histoires jouent clairement avec l’horreur cosmique.
Mais la série ne reprend pas le pessimisme lovecraftien comme règle unique. La sororité, l’entraide et l’action des héroïnes donnent souvent aux personnages une capacité de résistance plus forte.
Ils représentent une tradition gothique où science, désir, mort et monstruosité se mêlent. Midnight Tales puise dans ce patrimoine pour varier ses menaces au-delà de la seule sorcellerie folklorique.
Ces références littéraires cohabitent avec des influences beaucoup plus pop. C’est précisément le mélange entre gothique ancien et culture contemporaine qui donne au projet sa liberté.
L’idée de jeunes femmes liées à des pouvoirs, à un groupe et à une mission surnaturelle rappelle des œuvres comme Sailor Moon. La série reprend cette énergie de transformation et de solidarité en la déplaçant vers l’horreur.
Le contraste est productif : des codes colorés ou héroïques peuvent rencontrer démons, sacrifices et atmosphères inquiétantes. La magie féminine n’est pas réduite à un seul registre.
Ces séries ont popularisé des héroïnes qui doivent combattre le surnaturel tout en essayant de conserver des relations, des études, une famille ou une vie quotidienne.
Midnight Tales retrouve exactement cette tension. Appartenir à l’Ordre protège le monde, mais peut priver les sorcières d’une existence normale et créer un coût personnel très concret.
Beaucoup peuvent être lues seules car elles possèdent leur propre héroïne, menace et conclusion. Le lecteur n’a pas besoin de mémoriser une chronologie complexe pour apprécier un récit.
La mythologie commune apporte cependant des échos et une profondeur croissante. Lire plusieurs volumes permet de comprendre plus finement le fonctionnement et les sacrifices de l’Ordre.
La sorcellerie et les récits d’esprits existent dans de nombreuses cultures. Le format permet donc d’explorer des folklores locaux plutôt que de réduire l’occulte à un décor européen unique.
Ce déplacement donne aussi une fonction documentaire légère aux histoires. Les créateurs peuvent s’inspirer d’une tradition spécifique tout en la réinterprétant dans la mythologie Midnight Tales.
Le projet mêle plusieurs formes, notamment des récits courts, une nouvelle et des éléments documentaires ou illustrés. Cette variété rappelle davantage une revue thématique qu’un album narratif traditionnel.
Le lecteur doit donc s’attendre à changer de rythme. Un texte peut approfondir une ambiance ou un aspect de l’univers qu’une histoire dessinée traite autrement.
Les héroïnes affrontent souvent des forces qui dépassent une personne isolée. L’Ordre existe précisément parce que la transmission, l’entraide et l’expérience collective offrent une meilleure chance de résister.
La sororité n’est pourtant pas présentée comme une harmonie automatique. Les responsabilités, secrets et règles de l’organisation peuvent aussi entrer en conflit avec les désirs individuels.
L’univers possède des règles et une organisation, mais l’anthologie laisse suffisamment de liberté pour accueillir plusieurs traditions magiques. Il n’existe pas un unique manuel de sorts partagé par toutes les héroïnes.
Cette souplesse est essentielle au projet collectif. Elle permet à une histoire d’être folklorique, cosmique ou presque urbaine sans cesser d’appartenir à la même mythologie.
L’ordre de publication est recommandé pour voir la mythologie s’enrichir, mais la nature anthologique rend la série moins dépendante de la chronologie qu’un feuilleton classique.
Un lecteur peut tester un volume isolé sans être perdu. Pour tout lire, l’ordre reste le plus cohérent car certaines idées et références gagnent à être découvertes progressivement.
L’édition intégrale d’Ankama compile les quatre volumes publiés de la série dans un seul gros ouvrage, avec l’ensemble des contes de minuit issus de cette première collection.
C’est la solution la plus simple pour un nouvel acheteur qui veut tout découvrir. Les volumes séparés restent intéressants pour leur objet original et une lecture plus segmentée.
Elle vise surtout les adolescents mûrs et les adultes amateurs de fantastique, de sorcellerie et d’horreur. Les styles varient, mais certaines histoires peuvent contenir violence, occultisme et thèmes sombres.
Les lecteurs de manga fantastique peuvent aussi y trouver une porte d’entrée vers la BD française grâce aux influences magical girl et à la grande diversité graphique.
Une histoire courte peut installer une règle inquiétante, frapper vite puis s’arrêter avant que le mystère ne soit épuisé. L’horreur profite beaucoup de cette économie.
Le changement d’auteur empêche aussi le lecteur de s’installer dans une routine visuelle. Chaque nouveau récit peut avoir ses propres monstres, couleurs et façons de construire la peur.
Les deux sont des projets collectifs du Label 619, mais Doggybags revendique surtout le pulp, le crime et l’horreur à la manière des anciens comics EC. Midnight Tales possède un univers partagé de sorcières.
Cette continuité mythologique produit plus de liens entre les histoires. Les récits changent d’auteurs, mais l’Ordre de Minuit donne un sentiment de monde commun.
Leur pouvoir s’accompagne de devoirs, de dangers et parfois d’un renoncement à une vie ordinaire. La série préfère montrer ce que coûte l’appartenance à l’Ordre plutôt que distribuer une puissance sans conséquence.
Cela donne une dimension humaine aux confrontations occultes. Une victoire contre une entité peut laisser des blessures, un secret ou un isolement qui continuent après la fin du combat.
Le premier volume est idéal pour tester la formule et découvrir plusieurs artistes sans engagement important. Il pose immédiatement l’Ordre et la diversité des récits.
L’intégrale convient mieux à quelqu’un déjà attiré par le Label 619 ou la sorcellerie et qui veut parcourir les quatre volumes sans chercher chaque album. L’ordre interne y reste conservé.