Gamme Dangerous Gary

Dangerous Gary est un jeu de rôle contemporain et fantastique qui transforme l’exploration urbaine en une expérience aussi fascinante que profondément inquiétante.

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28,90 €
  •  Ludum Adore
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Dangerous Gary part d’une idée simple mais redoutablement efficace : et si le dungeon crawling, pilier historique du jeu de rôle, existait encore aujourd’hui, dissimulé dans les interstices de notre réalité moderne ? Aéroports abandonnés, métros déserts, hôtels vides ou musées silencieux deviennent alors les reflets troublants de donjons impossibles, des réalités de poche qui obéissent à des règles étrangères à notre monde.

Dans Dangerous Gary, les personnages sont membres de la Guilde, une organisation secrète qui explore ces Donjons contemporains, véritables pièges mentaux et physiques surgis au cœur du réel. Ces lieux ne sont pas de simples ruines : ils sont peuplés de gardiens hostiles, de phénomènes impossibles et de secrets qui altèrent ceux qui les approchent. Le jeu alterne ainsi entre phases d’enquête dans notre monde et descentes dans ces labyrinthes mortels, où chaque exploration rapproche un peu plus les personnages d’une vérité dérangeante… et souvent d’une fin tragique.

L’univers de Dangerous Gary est traversé par une forte dimension méta et référentielle. Le jeu rend un hommage appuyé aux origines du jeu de rôle, à Donjons & Dragons et à la figure tutélaire de Gary Gygax, devenu ici un élément du mythe. Mais cette nostalgie n’est jamais gratuite : Dangerous Gary interroge frontalement le rapport entre imaginaire et réalité. Que se passe-t-il lorsque les structures mentales du jeu deviennent tangibles, solides, dangereuses ? Quand l’imaginaire n’est plus une échappatoire mais une force qui dévore la vie sociale, familiale et psychologique de ceux qui s’y abandonnent ?

L’horreur de Dangerous Gary n’est pas seulement monstrueuse, elle est intime. Les Donjons génèrent une addiction sourde, le Hook, qui pousse certains explorateurs à tout sacrifier pour y retourner. Disparitions inexpliquées, familles brisées, obsessions destructrices : le jeu parle autant de goules et de morts-vivants que de dépendance, de fuite du réel et de traumatismes enfouis. Les personnages ne sont pas des héros surhumains, mais des gens ordinaires confrontés à un monde qui les dépasse, où chaque blessure laisse une trace durable.

Côté système, Dangerous Gary s’appuie sur Into The Odd, un moteur volontairement simple et brutal. Il n’y a pas de jets d’attaque : les dégâts tombent immédiatement, renforçant la sensation de danger permanent. La gestion de la santé, de l’usure et de l’équilibre mental est centrale, soulignant la fragilité des personnages face aux Donjons. Des ajustements spécifiques viennent enrichir le système pour coller à l’univers : pouvoirs étranges, gestion de l’équipement, et mécaniques évoquant la santé mentale et l’érosion psychologique.

Pensé comme un jeu à secrets mais pas comme une expérience à usage unique, Dangerous Gary propose une campagne structurante à travers la Boîte Rouge et la Boîte Bleue, tout en laissant aux meneurs la liberté de créer leurs propres Donjons et prolonger l’exploration bien au-delà. Blogs fictifs, aides de jeu méta et contenus transmedia viennent encore renforcer l’immersion, brouillant les frontières entre fiction et réalité.

Au final, Dangerous Gary est un jeu de rôle dérangeant, malin et profondément contemporain. Il parle autant de notre fascination pour les mondes imaginaires que de ce qu’ils peuvent nous coûter lorsqu’ils deviennent trop réels. Un jeu qui explore les ruines… mais surtout celles que l’on porte en soi.