Quatre jours. Quatre jours pendant lesquels Janet Fitzsimmons doit à tout prix rassurer le conseil d’administration de la Fondation Mayflower, dont les membres s’inquiètent des manifestations populaires contre le gouvernement américain. Pour cela, rien de mieux que de placer à la Maison-Blanche un homme solide, calme, et surtout, complètement sous son emprise grâce à une puce implantée dans le cerveau. Et cet homme est tout trouvé : son époux, Jason MacLane, autrement dit, XIII ! Elle doit pour cela vérifier que la puce fonctionne toujours, truquer les prochaines élections, et faire en sorte que la place de Vice-Président soit vacante… Quatre jours pour que le président autoritaire Thomas Allerton garde les pleins pouvoirs, envers et contre tout, et donc abatte XIII. Quatre jours pendant lesquels Jason Mac Lane doit à tout prix sauver la démocratie dans son pays, d’un côté en préparant le retour de Carrington et Jones, encore réfugiés au Canada , de l’autre, en orchestrant la divulgation des secrets enregistrés sur la cassette audio rapportée de Moscou. Et tout cela en donnant le change à son épouse et en évitant les tentatives d’assassinat ! Heureusement que le très doué hacker Tadine et la (très) jolie capitaine Spark sont là pour l’aider…
Avec ce tome 30, Yves Sente et Iouri Jigounov signent la première partie d’un nouveau diptyque, dont le thème colle plus que jamais à l’actualité. Et la même question revient une fois de plus : comment ce duo d’auteurs parvient-il à créer un album au scénario si millimétré, avec un tel enchaînement de péripéties ? Et davantage encore dans ce nouveau tome, où l’ensemble du récit se déroule sur quatre jours seulement ! Le lecteur devra aussi attendre d’arriver à la dernière page pour comprendre les implications du titre de cet album : « So, Help me God !… »
Série XIII
Dans un avion pour Moscou, Boris, l’agent russe du FSB que XIII a connu dans sa jeunesse lors de son infiltration à Cuba, rappelle à notre héros une ancienne mission que sa mémoire avait effacée. En stimulant la mémoire perdue de Jason Mac Lane, le Russe espère découvrir la cachette d’une vieille preuve de complot pouvant être utile pour relancer sa carrière.
En 1984, du temps de la guerre froide, XIII avait été missionné pour tuer un candidat à la présidence russe jugé un peu trop conservateur par le gouvernement américain dans le cadre du plan de réchauffement des relations Est-Ouest. Mais l’attentat prévu lors d’une réception à Spaso House, la résidence moscovite de l’ambassadeur américain, avait échoué par la faute d’une agente infiltrée du KGB, Nina Orekhova, alias « Babotchka » (« papillon »). Cette dernière, voyant en Jason Mac Lane un jeune idéaliste, glisse dans ses mains une microcassette contenant les preuves de complicités de milliardaires russes et américains dans un trafic d’armes et de technologies militaires entre Soviétiques et Américains vénaux ayant des intérêts communs dans le maintien des tensions entre les deux super puissances. XIII parviendra à s’échapper et sera renvoyé par la CIA à Cuba (qu’il quittera bientôt « pour Maria ». Mais ceci est une autre histoire... cfr tomes 9 et suivants de la série.)
Aujourd’hui, le passé revient frapper à la porte de notre amnésique. Désireux de mettre la main sur la microcassette dont XIII a oublié jusqu’à l’existence, le GRU, alias les services de renseignements militaires russes, compte forcer un déclic dans la mémoire de Jason Mac Lane. Mais à peine arrivés à Moscou, voilà XIII enlevé par des motards dirigés par Nina qui travaille pour le FSB. Nina propose un marché à XIII. Elle promet de le libérer des gens du GRU et de l’emprise que la Fondation Mayflower a sur son cerveau si, en échange , il l’aide à retrouver la fameuse microcassette. Ensemble, ils pourront alors faire gagner Carrington aux prochaines élections présidentielles américaines et enfin favoriser un climat de détente entre les deux plus vieux ennemis de la politique internationale...
Prison de Boniato, au nord de Santiago de Cuba.
Dans une cellule, un homme cherche à sauver sa peau. Il implore le directeur d’envoyer un mail à un certain Boris Denisov, un Russe qui pourrait le sortir de cet enfer.
De son côté, à Washington, Jason Mac Lane est devenu conseiller spécial à la sécurité. Depuis que la Fondation Mayflower, un mouvement d’extrême-droite qui a placé le président Allerton au pouvoir, a reprogrammé sa mémoire, il a tout oublié de son passé.
Désormais dévoué à Mayflower, il ignore que ses lunettes, munies d’une caméra, révèlent tous ses faits et gestes à Janet, son épouse, membre éminent de l’organisation.
Jason s’apprête justement à s’envoler pour Cuba afin de récupérer le prisonnier. Car le mail a été intercepté : le dénommé Tadine, un hacker de premier ordre, pourrait contribuer à la réélection d’Allerton.
Le problème, c’est que Boris Denisov s’intéresse lui aussi à Tades. Et que le président Allerton, qui se méfie des ambitions de Janet, ne verrait pas d’un mauvais œil la disparition de Jason.
Premier volet d’un diptyque dans lequel Jason Mac Lane, alias XIII, semble être définitivement passé du mauvais côté de la Force… malgré lui.
Sous la plume de Jean Van Hamme, ce quatorzième tome propose plusieurs courtes histoires dessinées par un panel de dessinateurs hors pair. En effet, pour cet opus, Jean Van Hamme est accompagné aux pinceaux par Philippe Xavier, Iouri Jigounov, Joël Callède, Gontran Toussaint, Mikaël et Alain Henriet.
Dans quelles circonstances Eleanor Davis-Brown, l’agent XX, a-t-elle été démasquée ? Quelle a été la vie de Lullaby, entre le Minneapolis Hot Dance et son propre établissement au Mexique ? XIII en aura-t-il appris davantage sur son passé après une discussion avec un de ses anciens amis d’université ? Et ce dernier est-il réellement ce qu’il prétend être ? Ce tome, contrairement aux treize précédents, ne se concentre pas sur un seul personnage mais balaie un horizon bien plus vaste de la saga XIII…
Un cahier supplémentaire, réalisé par de grands noms du dessin, a été ajouté à ce dernier tome. Enrico Marini, Éric Henninot, Alcante, Boucq, Richard Guérineau, Dominique Bertail, TaDuc, Olivier Grenson, Colin Wilson, Jean-Pierre Pécau, Corentin Rouge… Tous ont tenu à rendre hommage au célèbre héros amnésique, en quête de son passé depuis déjà 40 ans.
Sur l’îlot d’Alcatraz, le général Carrington est en très mauvaise posture. Retenu par les activistes amérindiens Red Warriors, il est soumis à l’épreuve rituelle de l’Okipa : le corps maintenu en l’air par des crochets plantés dans la peau, jusqu’à ce que la chair rompe. Cette « danse du soleil » prendra fin quand le président Dixon acceptera de recevoir les Warriors et d’écouter leurs revendications. Jones et Lakota, encore jeunes élèves de l’école de pilotes, décident de prendre les choses en main pour libérer le général. Deux explosions au Semtex et quelques fléchettes soporifiques plus tard, et voilà la mission accomplie : Jones, Lakota et Carrington sont juchés sur un réservoir et attendent l’hélicoptère. Mais soudain, aux jumelles, Jones reconnaît soudain Marcus, son grand frère, son protecteur quand elle était enfant dans le ghetto de Chicago… Marcus avec ces activistes ?! À partir de là, tout déraille : les Warriors les repèrent et dynamitent le réservoir, Carrington hélitreuillé, Lakota touchée par une balle, Jones de retour sur l’îlot… Les grandes décisions, cependant, ne se prennent pas toujours sur le terrain : elles se jouent parfois dans des bureaux comme celui de l’hôtel de ville de San Francisco, où l’on débat de la tactique à adopter, et parfois aussi dans des ruelles sombres où se nouent d’autres enjeux terroristes, encore plus graves…
Avec ce dernier tome de XIII Trilogy, Yann réussit le tour de force de combler les fans de la série culte en dévoilant le passé de Jones tout en créant une explosive trilogie d’action qui peut être lue par les néophytes. Péripéties en cascade et réflexion sur la société américaine, le tout mis en images et en couleurs par les très talentueux Olivier Taduc et Bruno Tatti !
Le lieutenant Jones poursuit sa formation de pilote à l’école de la Navy de Patuxent River, où elle continue à prouver son expertise des techniques de close-combat et plus encore du maniement de divers appareils volants. Si certains sont nés avec une cuillère en argent dans la bouche, c’est sûr qu’elle est née avec des petites ailes dorées dans le dos.
Pendant ce temps-là, les deux dangereux activistes amérindiens Karkajou et Crow Dog, qui se sont emparés de l’îlot d’Alcatraz, défient le gouvernement américain afin d’obtenir l’application des nombreux traités signés et l’obtention de droits civiques. Après son évasion, Marcus, le frère aîné de Jones, a rejoint leurs rangs. Le président Dixon charge le général Ben Carrington de régler par tous les moyens la crise à Alcatraz : les Red Warriors retiennent une centaine d’otages, dont une douzaine de femmes et enfants. Le général a besoin d’un officier pour le seconder, et qui d’autre que Jones pourrait s’acquitter de cette tâche ?
Les Red Warriors acceptent de recevoir la délégation du général Carrington. La maire de San Francisco et le président ont été bien clairs : tout doit être réglé sans bain de sang. C’est donc sans armes qu’ils accosteront à l’îlot… Mais si tout ceci n’était qu’un piège ? Et surtout, Marcus pardonnera-t-il à sa soeur de l’avoir dénoncé et envoyé au pénitencier, même si c’était pour lui sauver la vie ?
Ce deuxième volet de la trilogie signée Yann et TaDuc qui paraît l’année où l’on fête les 40 ans de la série mère XIII, continue à explorer le passé et la jeunesse de Jones. Un passé qui réserve décidément bien des surprises…