Test & Avis : Les meilleurs jeux de septembre !
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- Siegfried Würtz
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Vincent, Enrique et Marion vous présentent dans le dernier Bientôt chez vous les sorties les plus importantes du mois de septembre (la vidéo est en fin d'article), j'en profite pour m'attarder sur les quelques jeux auxquels j'ai moi-même pas mal joué, parfois les mêmes et parfois d'autres, pour vous apporter un complément en termes de sélection et d'avis - évidemment avec une subjectivité revendiquée par le format, et en fonction des jeux dont on a pu faire le test, au risque de quelques lacunes qu'il ne faut pas hésiter à nous signaler, on ne demande même que ça, discuter de nos avis et faire des découvertes.
Un complément livré avec d'autant plus de plaisir que 4 de ces jeux ont de fortes chances de finir dans mon top 10 de l'année !
Plusieurs de ces jeux ayant déjà eu droit à des articles dédiés très développés, on y renverra le cas échéant plutôt que de se répéter, mais on ne pouvait pas manquer de les intégrer dans un top où ils ont par définition tant leur place qu'on y a consacré cet effort supplémentaire.
Avé Lemming
Surtout ne vous arrêtez pas à la couverture, au titre ou au thème d'un jeu dont l'apparence (et le nom de l'éditeur) peuvent sembler crier qu'il s'agit d'un titre d'ambiance chaotique familial/enfantin quand Avé Lemming... est un vrai jeu de plis, avec une vraie proposition, et méritant un vrai intérêt, qui aurait eu une bonne place dans notre tier list des jeux de plis si on y avait joué quelques jours plus tôt ! Raison de plus d'y revenir ici, de peur qu'il passe inaperçu comme ça peut parfois être le cas des jeux Ravensburger hors licences.
Au début de chacune des 4 manches, on dévoile une carte Règle, qui détermine d'abord sur quelle face on place les quatre plateaux de la piste centrale (avec plus ou moins de trous !), et surtout comment vous allez avancer votre lemming à chaque pli. Le plus souvent, la personne remportant le pli avance de la valeur de sa carte, mais avec 22 cartes Règle (!), vous imaginez bien que ce principe va subir quelques twists, plusieurs règles aidant aussi les autres à avancer, bref il faudra bien tenir compte de la règle en cours avant de défaussez 4 de vos 12 cartes et ne conserver en main que les 8 avec lesquelles vous ferez les 8 plis.
D'autant que dépasser le bout de la piste (ou tomber dans un trou)... vous fait revenir en bas de la falaise et perdre 1 point de victoire ! Il faudra donc parvenir à gagner et perdre les bons plis, et parfois avancer juste assez pour pousser un lemming adverse... Puis au terme de la manche, on gagne des points de victoire selon son classement, et on pioche une carte Règle, jusqu'à établir le podium définitif après 4 manches. Ce qui peut apparaître comme un gimmick thématique, le bord de la falaise, devient ainsi un rouage mécanique central qui twiste vos habitudes du pli, rejoignant la glorieuse lignée des titres du genre où il ne faut pas juste avoir la carte la plus forte à chaque fois.
Quand on a compris combien Avé Lemming est malin, on n'en apprécie que mieux le thème décalé, mais un peu comme Candy Spider Leopards, il peut être un obstacle initial qu'on encourage vraiment à surmonter !
FlipToons
Le 29 octobre 2025 (!) je publiais ma critique de FlipToons... qui sort enfin en français. Entretemps, la saison 2 de FlipToons est sortie en anglais, j'ai pu en faire des dizaines de parties et la chroniquer aussi... C'est dire combien le jeu me paraît incontournable, avec la conviction qu'il sera un hit de l'automne, a fortiori poussé par son nouveau distributeur Blackrock, dont on connaît la compétence pour promouvoir ce genre de petits jeux de cartes malins. Vous avez deux articles pour comprendre de quoi il s'agit, on n'y revient pas, mais vraiment il serait dommage de passer à côté de ce jeu de construction de tableau en deck-building (du tableau-building-building en somme) par l'auteur de Cartographers et dans un univers toon évoquant Qui veut la peau de Roger Rabbit. Le pitch me donnait envie, 300 parties de la première boîte et une trentaine de la deuxième confirment mon enthousiasme.
Petiquette
Un froid jour de février (enfin je l'imagine rétrospectivement froid, ça paraît logique même si je n'ai aucun souvenir de sa température) notre commercial Logan vient nous présenter 22 sorties Gigamic. Petiquette nous met des étoiles dans les yeux. J'en parlais dans cet article, on en reparlera, en matière de jeux d'ambiance et de déduction (oui les deux ensemble) à communication limitée, j'ai rarement vu une si petite boîte avec une règle si simple mais si étrange produire une telle électricité autour de la table, vous lirez ça et vous comprendrez. Comme FlipToons (mais déjà promis à un joli succès), on se scandaliserait que Petiquette ne devienne pas un hit de 2026.
Fantasy Realms : Mythes grecs
Encore un jeu déjà chroniqué, juste ici, et un autre coup de cœur - je vous expliquais même qu'il était devenu mon opus préféré et que j'avais revendu mon jeu de base pour ne garder que celui-là, en plus d'être à mon avis le jeu le plus thématique sur la mythologie grecque (et le plus pédagogique avec Similo Mythes), c'est dire !
Aurealis
Au contraire des précédents, promis à un bel avenir, voilà un jeu de duel qui a des risques de passer inaperçu. Il faut dire que cette modalité aura connu quantité de merveilles entre cette année et la précédente, et qu'il faut tellement se battre pour se faire un nom qu'Aurealis part avec le sérieux handicap de sortir dans une taille de boîte relativement conséquente, avec une mise en place un peu longuette, des petites pièces partout et trop de micro-manipulations pour qu'une comparaison avec des titres plus élégants ne lui soit pas défavorable. Mais quel dommage, parce qu'en matière de tir à la corde d'une tension terrible, très combinatoire, avec quantité d'idées malines et très dynamique, il peut s'avérer redoutable.
D'autant que les règles elles-mêmes tiennent en environ 4 pages, et s'accompagnent d'exemples dans tous les sens, pour que l'impression initiale de fouillis donne vite lieu à un affrontement limpide. J'ai même vraiment apprécié l'idée que sur certains des jetons conditionnés sur lesquels s'opère le tir à la corde afin de remporter la partie, il suffise d'égaliser avec l'adversaire pour les lui prendre, ce qui crée une incertitude encore plus grande et une possibilité de vraiment renverser la partie en un seul tour si notre simple action déclenche la cascade de combos espérée. Un aspect que l'on pourra trouver clivant, mais qui confère précisément à Aurealis une identité, et électrique de surcroît.
Carnimal
Le duo d'auteurs derrière Mr. Jack, Bruno Cathala et Ludovic Maublanc, revient avec un jeu de déduction de poche parfaitement épuré déjà présenté ici, et qui a fait consensus dans l'équipe.
Gunsen
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Le retour des auteurs de Fromage (ma critique et nos fromages préférés ici) et À la Recherche de la planète X chez l'éditeur du Hobbit et du jeu de plis coopératif Le Seigneur des Anneaux (chroniqués là et là)... que d'arguments invincibles pour surmonter ma réticence première d'un énième jeu de bagarre japonaise avec plein de jetons. Déjà, l'idée de disposer de 7 clans à l'asymétrie flagrante rangés dans des boîtes distinctes fait honneur aux compétences éditoriales éprouvées d'Office Dog. Surtout, le système d'action est très agréable : à chaque tour, vous choisissez 1 carte du marché et l'ajoutez à la colonne de la même couleur pour appliquer tous les effets de la colonne, y compris imprimés sur le plateau et des cartes précédentes, pour une dimension appuyée de construction de moteur.
Et c'est le gros point fort du jeu, qui peut paraître déjà vu sur son système de conquête de territoire, de 7 objectifs à accomplir pour gagner à la Scythe ou Expeditions, de batailles à partir de dés évidemment influençables... et qui bénéficie d'une grande variété tactique reposant pourtant sur un système tout à fait élégant et vite limpide : au fond ces batailles sont presque secondaires, votre but n'est pas de conquérir le plateau mais d'optimiser un moteur malin afin que vos rares actions de bataille rapportent les rares points de victoire manquants pour une victoire immédiate, points que l'on obtient aussi par ses déplacements ou constructions d'ailleurs.
On notera même que les faces des dés peuvent être plus ou moins fortes mais jamais nuisibles ou vraiment faibles, circonstantiellement on préfèrera une face à une autre sans crier à l'injustice, d'autant qu'on a régulièrement le choix de cartes ou héros qui ajoutent des relances ou des dés, voire directement des dégâts. Le combat devient alors la conséquence de nos actions plutôt que leur alpha et oméga, dans une approche rafraîchissante dont on apprend vite à apprécier la relative originalité.
J'en suis déjà à huit parties, physiques et sur BGA, c'est dire si (peut-être un peu comme les jeux précédents du duo) il s'avère aussi fluide qu'il semble confus avant de s'asseoir à sa table. Et à chaque partie je l'apprécie un peu mieux qu'à la précédente, parce qu'on finit par parvenir à des parties en 20-30 minutes quand on a pleinement saisi la nature de course de Gunsen, ce qui lui confère un dynamisme d'autant plus appréciable avec une envie d'appréhender d'emblée les spécificités de notre clan, de percevoir la stratégie adverse, de planifier des coups extrêmement satisfaisants. J'y ai d'ailleurs initié Pauline... qui enchaîne également les parties depuis, donc même si vous avez des appréhensions pour une raison ou l'autre, comme on pouvait en avoir nous-mêmes, on pense sincèrement que le jeu mérite d'essayer de les surmonter.
(Et décidément, entre Gunsen, la VF qui arrive enfin de Schadenfreude et Circle of Conflict, avant un Retour du Roi qu'on espère encore l'année prochaine, quelle belle période pour Office Dog qui petit à petit s'impose comme un éditeur majeur !)
Minikin City
Si je vous dis qu'il s'agit encore d'un jeu chroniqué sur le blog, cela tourne-t-il au running gag ? Mais c'est le dernier, promis ! L'article sur Minikin City est ici en tout cas, avec une grosse interview de son co-auteur Matthieu Verdier juste là. Il faut dire que l'estime pour l'auteur (tout de même derrière Demeter, un de mes jeux préférés, et responsable du développement de quantité de merveilles de SWAF) et pour ce mignon faux jeu de plis exigeait qu'on lui dédie un article à part !
Tag Team : L'Héritage d'Arthur
Alors que Le Scorpion masqué a annoncé sa collaboration avec les jeux vidéo d'arcade SNK pour la troisième boîte de Tag Team, voilà que paraît enfin la seconde avec ses six personnages conçus par Florian Sirieix et Benoît Turpin et issus des légendes arthuriennes. J'en apprécie vraiment la richesse, avec des personnages toujours plus asymétriques, et relativement plus techniques que ceux de la boîte de base - avec lesquels ils sont évidemment modulables, même si L'Héritage d'Arthur peut aussi se jouer indépendamment.
L'arbre de Merlin ou le peu de points de vie d'Excalibur... qui en tant qu'épée aide cependant puissamment le personnage qui lui est associée vous marqueront au moins aussi bien que les personnages les plus mémorables de la boîte initiale, aidés aussi par un Naïade décidément très inspiré.
The Voynich Puzzle
Le jeu qui est à mon avis le meilleur Dani Garcia arrive heureusement à l'automne dans une version française à l'ergonomie perfectionnée, ce qui diminuera son coût d'entrée tout de même conséquent et d'autant plus frustrant qu'on sent sa volonté d'être un expert relativement light et élégant, inutilement compliqué par des soucis éditoriaux.
Le travail du thème est habile (retrouvez à ce sujet mon gros article dans un magazine de la concurrence), l'interaction positive originale, la direction artistique (qui s'inspire des illustrations du Voynich pour en faire une synthèse plutôt qu'en les reproduisant) est parfaite, l'interconnexion combinatoire des six mini-jeux très stimulante, donnant une vraie envie d'y revenir que je ne ressens pas souvent pour ces eurogames foisonnants.
Et puis l'idée que l'on s'appuie dans la mécanique sur les progrès des autres, chaque découverte contribuant au jeu de chacune et chacun, tout en essayant de tirer notre épingle du jeu pour recueillir seule ou seul les lauriers de cette herméneutique collaborative, cela correspond juste si finement à ce qu'est aujourd'hui le travail autour du Voynich (voir à ce sujet les vidéos du Bazar du Bizarre et des Revues du Monde) qu'on ne peut manquer de trouver une curieuse immersion dans un eurogame baroque à première vue si abstrait.
Vin et Fromage
Vin et Fromage se présente comme la suite du très chouette D'Orge et de blé... mais surtout, ne vous laissez pas avoir : si le premier avait des allures d'initiation maline à l'eurogame agricole, Vin et Fromage pousse tous les curseurs plus loin, en étant un vrai eurogame de duel expert, avec une interaction de tous les instants délicieusement cérébrale.
Le système d'actions seul m'évoque Good Fortune : vous prenez un ouvrier depuis l'un des bâtiments pour le placer sur une parcelle vide et activer toutes les cases correspondant au motif qui apparaît sur le bâtiment pour récolter des ressources, et cela oblige votre adversaire à prendre son ouvrier de la même couleur. Or les motifs doivent être appliqués dans le sens de la lecture, et certains exigent que les cases alentour soient occupées quand d'autres les exigent vides, bref si vous surveillez bien les ressources dont votre adversaire a besoin, chacun de vos choix a un impact conséquent sur les siens et inversement ! Mais ça c'est le début du printemps, ensuite vous produisez, vendez et stockez, en été les cartes de vos celliers vieillissent (en perdant des ingrédients au risque de se détériorer) et à l'automne... vos ouvriers retournent des parcelles vers les cartes Logement, toujours en appliquant le motif de la carte Logement choisie pour chaque ouvrier et en contraignant votre adversaire. C'est absolument redoutable, d'autant qu'avec 7 types d'ingrédients, vous êtes constamment sous tension.
Sur ce système de ressources vient se greffer de la gestion de ressources pour effectuer des commandes de cartes Vin et Fromage, et idéalement même des assortiments avec des paires Vin/Fromage encore plus rentables, afin de progresser sur des scorings Fromage et Vin sur plusieurs paramètres... en ne tenant compte à la fin de la partie que du score le plus bas des deux.
En n'ayant fait qu'une partie et demie de Vin et Fromage, j'ai pu avoir l'impression d'une surcouche un peu inutile dans la gestion des actions spéciales et avec cette notion de collection, quand j'aurais pu plus facilement me laisser transporter par l'enthousiasme du système d'actions sans cette partie plus lourde, mais c'est sans doute de là aussi que vient la courbe de progression, conséquente, de Vin et Fromage, et elle se mérite - en tout cas, j'ai envie d'y revenir, et parmi les jeux de duel qui risqueraient de passer inaperçu, je le recommande vraiment chaleureusement si vous avez aimé Les Cités rivales, Flatiron, Château Blanc Duel... toutes ces expériences qui peuvent paraître sèches de l'extérieur quand elles s'avèrent si brillantes et brûlantes, qui ont l'étiquette de la vinasse et la saveur d'un Premier cru.
Mentions très honorables : Journey Horizon et Not Alone
Dans un mois de septembre si riche, il fallait choisir, mais il aurait été cruel de ne pas citer le superbe Journey Horizon, espèce de construction de tableau à objectifs avec du draft, le genre de mots que l'on voit partout pour désigner des petits jeux de cartes, et qui sans prétendre rien inventer fonctionne avec une fraîcheur et une gratification dans certaines poses qui mérite assurément une mention, surtout avec sa rapidité sans prétentions qui m'a fait prendre du plaisir à chaque partie (et que j'aie voulu y rejouer dit déjà quelque chose).
Il y a 10 ans déjà, Not Alone avait fait sensation comme jeu asymétrique où 1 à 6 survivants essayaient d'échapper à une créature pratiquement omnipotente sur une planète hostile, et le jeu revient dans une édition remastérisée dont on ne sait pas encore tout sinon qu'elle modernise les illustrations, améliore le matériel et ajoute quantité de contenu, avec 55 nouveaux lieux ! Une belle occasion de s'y replonger.
Lacunes notables et notées
On aurait du mal à croire vu la longueur de la sélection qu'il m'a fallu faire des choix, et pourtant... De plus, il y a évidemment quantité de jeux auxquels je n'ai pas encore pu toucher, et j'ai particulièrement envie d'éprouver le magnifique Wroth, Unmatched Lee vs. Ali en immense fan de cette gamme de jeux de duel qui ai toutes les boîtes françaises et plusieurs boîtes VO commençant à s'immiscer parmi les livres de ma bibliothèque, et enfin un nouveau vrai Unlock! utilisant les univers de 7 Wonders, Heat et Carcassonne (après Mysterium, Pandemic et Les Aventuriers du rail dans l'excellente boîte précédente sur le même concept).
Alors, qu'est-ce qui vous donne particulièrement envie dans tout ça ?
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